jeudi 8 octobre 2009, par Didier Brissa, Eric Jadot, Michaël Lambert, Michel Recloux, Olivier Starquit, Pierre Eyben, Yannick Bovy
« Il est infiniment plus facile de prendre position pour ou contre une idée, une valeur, une personne, une institution ou une situation, que d’analyser ce qu’elle est en vérité, dans toute sa complexité. »
Pierre Bourdieu (Contre-feux, 1998).
Un « compromis » a été trouvé au sein du gouvernement fédéral à la mi-juillet 2009 afin de « régler » (vraiment ?) le sort des demandeurs d’asile en Belgique. Une autorisation de séjour pourra être accordée aux étrangers engagés dans une procédure depuis 3, 4 ou 5 ans selon leur situation, ou à ceux vivant une situation humanitaire urgente. S’en est suivie une commission parlementaire où l’odieux s’est permis de concurrencer l’absurde. Les nationalistes flamands y ont évoqué un « triomphe des francophones ». Des chiffres s’y sont échangés, tous plus improvisés, contradictoires et pseudo-crédibles les uns que les autres. Combien d’étrangers vont donc pouvoir bénéficier de cette potentielle « manne céleste » que serait l’octroi d’un titre de séjour ?
Triste spectacle que ces querelles d’apothicaires. On attend toujours un débat prenant un peu plus de hauteur, susceptible de fonder sur cette question une véritable politique, au-delà du sempiternel « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».
[»]