Tranche de pastèque

Vert dehors, Rouge dedans...

blog de Didier Brissa

11/30/2007 (1:41 )

Faut-il sauver le PS ? Non, c’est le socialisme qui a besoin d’être sauvé

Classé dans : La totale, Rouge

Faut-il sauver le PS ? Non, c’est le socialisme qui a besoin d’être sauvé !

En réponse à l’article de François Schreuer :

juin 2007

Voici quelques réflexions inspirées par ton texte « Il faut sauver le Parti socialiste ». (voir note liminaireI)

Il faut sauver le socialisme

  • C’est le « socialisme » qu’il faut sauver d’abord, et pas le PS. A moins qu’il n’y contribue mais l’on voit rarement les fossoyeurs devenir urgentistes…

A partir de la fin des années ’80, les partis socialistes et sociaux-démocrates n’ont plus pu prendre appui sur l’épouvantail soviétique pour négocier des avancées sociales, d’autant moins qu’ils avaient déconstruit leur tissu social et associatif, et que par la massification du chômage et de la consommation de masse (et donc du « crédit ») les organisations syndicales perdaient de plus en plus de leur rapport de force. C’est aussi de cette époque que date un basculement dans le personnel politique du PS… certes, il avait toujours comportés des bourgeois et des technocrates, mais ceux-ci deviennent totalement dominant, ayant souvent en plus une « autre nature » - si les premiers avaient souvent fait le choix du PS par « convictions », nombre des nouveaux n’y sont que parce qu’il est/devient détenteur d’un pouvoir absolu en Wallonie, et qu’il est donc par conséquent le « lieu du pouvoir », ils choisissent donc le PS par pragmatisme carriériste. Face à eux, le poids de mandataires et des fédérations populaires et ouvrières ne cessent de décliner dans la structure… et avec eux l’idéologie et les valeurs fondatrices du socialisme wallon (je dis « wallon » parce que historiquement et sociologiquement, la moitié néerlandophone du POB/PSB n’a pas le même parcours – sa conversion beaucoup plus rapide au blairisme et à la troisième voie l’illustre bien). Ce n’est donc pas le Parti socialiste qu’il faut sauver mais bel et bien le Socialisme tout court. Comme toi, je ne crois d’ailleurs pas que le PS soit menacé de disparition, par contre j’affirme que son « encéphalogramme social » est plat depuis déjà longtemps et ne donne encore que de rares signes de vie que parce qu’il est sous respirateur artificiel… (Maintenir les apparences – « on a sauvé la façade », comme dit Claude Semal – pour conserver l’électeur « historique » lambda, celui qui ne verra pas (ou ne voudra pas voir) qu’on a « bazardé le reste ») [1].

  • Et un brin de sociologie, mâtiné de fonctionnalisme, permettra de mieux apprécier le fait que « l’on fait ce que l’on est ». En Flandre, dans les rodomontades pré-électorales du SP.a, on a entendu certains appels au fait qu’ils faillent à nouveau envoyer des ouvriers et des salariés dans les chambres… encore faudrait-il que ceux-ci soient déjà massivement présence dans les instances. Tout juste est-il qu’on les trouvera, mais ils y sont maintenant à titre de « témoins », comme les immigrés extra-européens ou les femmes… (Moins qu’ailleurs c’est vrai, mais « moins » ça ne vaut pas dire « bien plus »)

En Europe occidentale, ce sont les socialistes et sociaux-démocrates qui ont pris le relais de Thatcher et Reagan. En effet, si l’on s’offre un peu de recule, on verra distinctement qu’au cours de 15 dernières années, la droite a éprouvé énormément de difficultés à faire passer la moindre réforme néolibérale. D’abord parce qu’à chaque fois, elle s’est affronté à un mouvement social massif (même si c’est parfois sur une durée très courte) mais aussi parce qu’elle est divisée en deux pôles aux intérêts contradictoires (un pôle « historique » qui prend appui sur le capitalisme productif national et un pôle « moderniste » du capitalisme financier et transnational ; pôles dont les intérêts immédiats, ne fusse qu’en matière de croissance de la consommation et d’inflation, divergent totalement). Les « socialistes », qui d’une part ont un pouvoir d’influence sur le mouvement syndical et d’autre part ne sont pas aussi intimement liés au capital (certes, il y a des contacts de personnes mais rien d’aussi puissant que dans les partis de droite), vont donc devenir à travers l’Europe les meilleurs pourvoyeurs des contre-réformes néolibérales. On songera à l’acte fondamental que représente le traité de Maastricht (à une époque où 13 des 15 gouvernements européens sont à majorité social-démocrate) ; mais aussi à la mise en place (ou à l’approfondissement) des privatisations : en France (sous Mitterrand et Jospin), en Espagne (sous Gonzales), au Portugal (sous Soares), en Grande-Bretagne (sous Blair) ou en Belgique (sous Spitaels, Busquin et Di Rupo [2]) e.a. ; mais encore les dispositions sur l’Union monétaire et l’élargissement – fondées sur un Euro fort et la lutte contre l’inflation (les fameux « critères de convergence » favorables au capitalisme financier et globalisé contre le capitalisme de production, pourvoyeur de main d’œuvre) ; mais également la mise en place de l’Europe forteresse (qui se déclinera chez nous par la création de centres fermés par Louis Tobback, sous un gouvernement rouge-romain) ; mais pareillement par de plus en plus dures mesures contre les allocataires sociaux via les « plan d’action pour l’emploi » et autres GOPE (conditionnalisation de l’accès au minimum vital par la transformation du Minimex et RIS – Van de Lanotte, SP.a) – les visites domiciliaires, la réforme du temps partiels, le renforcement de l’article 80, la chasse aux chômeurs (Miet Smet (CD&V) et Vandenbrouck (SPa) dans des coalitions rouge-romaine, puis violette) ; ledit « pacte des générations » emballé et pesé par les deux partis « socialistes » de la coalition…On ne peut donc pas dire que « le PS n’a plus le goût au combat »… il a changé de combat. Il est passé du combat pour les « masses populaire » au combat pour son maintien au pouvoir, la fin à remplacer les moyens…Nous avons besoin d’une gauche de gauche, et ce qui vit sous l’étiquette « social-démocrate » n’en a même plus le contenu réformiste (au sens progressiste). C’est à tel point, que comme l’écrivait déjà Michel Husson en 2001, aujourd’hui, proposer des réformes progressistes EST un acte révolutionnaire ! [3]

  • Car aujourd’hui, de la différence entre « la gauche » et « la droite » quand la social-démocratie est au pouvoir, il ne reste que la « vaseline » ! Et il ne faudrait pas que le retour en force de droites dures au pouvoir dans plusieurs pays européens vienne à nous faire oublier à quel point la social-démocratie réellement existante (pas celle dont « nous rêvons ») a contribué au cours des deux dernières décennies à déconstruire tous les acquis sociaux qu’elle avait contribué à mettre en place durant le siècle qui précéda. Qui affirme encore aujourd’hui le rôle fondamental de l’impôt progressif sur le revenu, qui défend encore aujourd’hui une sécurité sociale pleine et entière avec une contribution sans rabotage, qui exprime encore fermement que le service public est un des meilleurs et des plus égalitaires moyens de redistribution des richesses ?

Oh, certes, dans les discours, l’on retrouvera bien encore l’une fois ou l’autre de tels propos, mais dans la actes ? Qui a privatisé, qui a réduit les cotisations sociales, qui a été complice des réductions d’impôts pour les plus gros revenus, qui mène l’attaque contre les allocataires sociaux ? Notre unité de mesure doit être le réel et non l’idéal…Quand à l’ancrage qu’à encore le PS dans les milieux « populaires », il s’agirait aussi de s’interroger sur ce sujet, surtout quand on voit le taux de pénétration des idées libérales ou d’extrême droite dans ses couches sociales. L’implantation sociale du PS est avant tout « structurelle », dans un réseau de dépendances et de connivences, de clientèles et de débiteurs…

  • La PS est-il réformable ?

  • Tu proposes pour le PS un ambitieux (au regard de son positionnement actuel) programme… La vingtaine du ministre, les dizaines de chercheurs et conseillers de l’IEV [4] , les centaines de collaborateurs des cabinets et ministères, les milliers d’échevins, conseillers communaux, responsables d’USC (Union socialiste communale), etc. sont-ils a-programmatique ? Non, et j’irai même plus loin, si seulement le PS menait combat pour son propre programme (qui n’est pourtant pas « Byzance ») ça serait déjà moins pire que maintenant…
  • Le pire « gendarme » est dans nos têtes

  • Il me semble qu’il n’y a pas que dans les pratiques du PS que le néolibéralisme a conquis des pans entiers de territoires… L’ère du temps n’est plus à l’intelligence collective, à la conviction que la liberté pour tous n’est possible que si la liberté de chacun connait des limites, la conscience que le bien-être individuel est mieux garantit lorsqu’il est conçu pour tous, etc. Le néolibéralisme est d’abord parti à l’assaut des têtes avant de vaincre sur le terrain pratique ; il est d’abord resté pendant longtemps le dada de quelques « think tanks » passant pour de farfelus aux yeux de leurs propres pairs avant que de devenir « dieu le Père et Sa Très Sainte Bible du Libre Marché »… En fait, il est probable que ceux-ci ont bien mieux appréhendé les analyses d’Antonio Gramsci [5] que la « gauche » n’en fut capable…
  • Quel programme pour quelle gauche ?

  • Je sais que l’adage veut que cela soit dans les vieilles marmites que l’on mitonne les meilleurs plats, mais dans le cas présent je crains que le fond n’ait brûlé et que les ingrédients ne soient tournés…

Il en va de même pour les « autres » petites formations dites de gauche…Les vieilles gauches divisées d’aujourd’hui seront encore vieilles et divisées demain. Les organisations, qui comme le MAS, crée de toutes pièces une périphérie autour d’eux comme seule formation politique, telle la version francophone de CAP, ne seront pas la nouvelle gauche de demain.Il faut nécessairement une organisation neuve où des personnalités et des individus indépendants forment un noyau central suffisamment fort et autonome que pour accueillir les appoints positifs des groupes préexistants et circonvenir les tentatives d’hégémonie de n’importe quelle tendance. [6] a amorcé une telle démarche et a posé de premiers jalons… UAG n’est certainement pas la forme aboutie de cette organisation dont la gauche de gauche a besoin, d’autant que le noyau « d’indépendants » n’y est pas encore ni assez nombreux, ni assez solide… Mais doit-on, pour s’engager, entendre une improbable arrivée d’une formule magique qui serait au « bon moment » et avec tous « les bons ingrédients ».Je n’y crois pas.UAG est un outil et c’est à ceux qui y participent – et il faut qu’ils soient plus nombreux pour que ça réussisse – qu’il revient de modeler cet outil pour qu’il gagne en pertinence et en efficience. Et comme une démarche scientifique, cela nécessite du temps, des essais et des erreurs, de l’acharnement et de la volonté. UAG n’est pas un outil précontraint et peut/doit connaître des évolutions, celles-ci dépendront de ceux qui peineront à battre le fer sur l’enclume… et forgeront une organisation capable de déployer dans la pratique le point programmatique que tu développes. Car les « intérêts de castes » qui régissent le PS n’en font pas un espace de possible, les jeux y sont déjà joués. Un outil neuf peut encore être modelé, évoluer, prendre place dans un nouvel ensemble, trouver de nouveaux alliés (songeons au « scénario allemand » [7]).J’ajouterais quelques points à tes propositions, qui tranchent réellement la question de la différenciation entre la gauche néolibérale et la gauche de gauche [8] :<!–[if !vml]–>-<!–[endif]–>Le bétonnage d’une sécurité sociale forte comme moyen de protection des salariés et allocataires sociaux contre les aléas de l’existence, et comme meilleur moyen de redistribution des richesses ;

 

<!–[endif]–>Avec comme corollaire l’extension de l’impôt progressif sur les revenus et l’intégration de la TVA à celui-ci ;

  1. <!–[if !vml]–>-<!–[endif]–>La garantie par la pratique de l’accès à un logement décent comme droit fondamental ;
  2. -<!–[endif]–>La réduction massive et collective du temps de travail, sans perte salaire, avec embauche compensatoire, en fonction de la production socialement nécessaire, afin de ramener le plein emploi et de lutter contre les politiques déflationnistes imposées par la Banque Centrale Européenne ;
  3. -<!–[endif]–>La restauration / l’instauration d’un monopole public de l’énergie ;
  4. -<!–[endif]–>La restauration et l’extension des services publics visant à la satisfaction des besoins de la population indépendamment de ses moyens économiques d’y accéder.
  5. -<!–[endif]–>La restauration / l’instauration d’un système d’enseignement qui vise prioritairement à l’émancipation de l’individu, qui tiennent compte du gendermainstreaming et ne hiérarchise plus savoirs dits « manuels » et dits « intellectuels » ;
  6. -<!–[endif]–>L’instauration d’une véritable politique intégrée d’accueil des migrants…
  • Ces points programmatiques sont à voir comme des points de départ pour l’élaboration d’une démarche devant nécessairement aller plus en profondeur :
  1. <!–[if !vml]–>-<!–[endif]–>La régulation et la minorisation du Capital dans l’économie mondial vers une autogestion et une planification des moyens de production en tenant compte de façon croisée des besoins socialement nécessaire dans une perceptive de décroissance…
  2. -<!–[endif]–>L’approfondissement du système démocratique par l’instauration du contrôle et de la révocabilité des élus, par la participation citoyenne étendue, accompagnée par la décentralisation approfondie des décisions ayant un champ d’application de proximité… Mais également par l’introduction systématique du champ d’application de la démocratie à tous les champs de l’existence en ce compris les questions économiques et d’entreprises.
  3. -<!–[endif]–>Entre autres… ;-)))

Il est important en effet, quand on travaille sur des revendications et des réformes progressistes immédiates de conserver un œil sur un horizon vers lequel tendre. A défaut de cet horizon, on prend le risque que pour finir, ces réformes immédiates cessent de « faire sens », et puisse donc être balayées avec fort peu de résistance comme c’est le cas aujourd’hui avec des nombreux acquis sociaux du passé.Pour la Gauche de gauche, le temps n’est donc pas seulement à la reconquista idéologique mais aussi pratique, militante, mobilisatrice et revendicative, l’une s’articulant sur les autres.Pour conclure donc : Faut-Il sauver le PS ? Non, c’est le socialisme qui a besoin d’être sauver ou plutôt sauver le meilleur du socialisme pour construire des pratiques éco-socialistes qui allient le social et l’environnemental dans un souci mutuel.*Bàt.

DB

 

 

* et donc un tel texte eut pu aussi être écrit pour Ecolo…

 

[1] La façadeJ’avais sorti ma chienne qui prétend tous les matins Compisser les parcmètres et s’ébrouer les ovaires J’pousse la porte de chez moi : nom de dieu ! y a plus rien Qu’trois Arabes polonais dans un trou d’bulldozer ‘Z avaient rasé l’quartier en épargnant la façade Pour mieux cacher ce crime que rien ne nécessita Mon faux balcon Horta cloué sur une palissade Un vrai décor de film façon Cinnécita J’fonce au bar d’à côté dénoncer cette imposture auprès du patron pourri du bureau d’architecture et j’crache dans son Moselle dans mon pseudo dialecte : Eh ! qué ! avec Bruxelles, ah ! schieve architecte ?!? Il m’a dit…On a sauvé la façade, pourquoi tu le contestes : Horta et tes torsades et bazardé le reste ! On a sauvé la façade : l’urbanisme l’atteste ! Le passé est passé ; l’avenir à venir ; au présent à présent ‘faut vivre avec son temps… Ouais !J’avais suivi ma chienne qu’a le poil prolétarien appeler la classe ouvrière à dresser ses calicots J’pousse la porte de l’usine : nom de dieu ! y a plus rien Qu’une machine à café encerclée d’dactylos L’délégué syndical un peu dépassé m’explique La chute du Mur de Berlin les nouvelles technologies L’échelle mobile des salaires au sein d’la fonction publique l’armée humanitaire la Bourse et l’écologie J’fonce au bar d’à côté retrouver mes camarades de vieux marxistes-éthilistes virés socio-démocrates Et j’gueule sur le comptoir sur fond d’Internationale Eh ! Qué ? le socialisme depuis la lutte finale ? Y m’ont dit…On a sauvé la façade depuis le manifeste gardé les initiales et bazardé le reste on a sauvé la façade et cravaté nos vestes le marché a marché ; le parti est parti ; aux marchands à présent ‘faut vivre avec son temps… Ouais !J’avais dressé ma chienne qu’a des besoins quotidiens A conchier le Royaume ousqu’elle est partout chez elle J’pousse la porte d’la Belgique : nom de dieu ! y a plus rien Qu’un match des Diables Rouges sur la pelouse du Heysel Les Flamands les Wallons et même les germanophones avaient scindé les tribunes en six tribus autonomes ‘Fallait traverser la Flandre et trois Républiques wallonnes Pour voir le roi Albert dribbler Michel Preud’homme J’fonce au bar d’à côté trouver un homme politique qui voudrait bien sonder un bout d’opinion publique et j’balance au premier qui siffle une brabançonne : Eh ! qué dans ce pays où n’habite plus personne ? Il m’a dit…On a sauvé la façade pour rester bourgmestre gardé les ambassades et bazardé le reste On a sauvé la façade jusqu’au prochain semestre : la terre est planétaire ; les régions sont légions ; aux provinces à présent ‘faut vivre avec son temps … ouais !J’avais traîné ma chienne qui n’aime que l’chant grégorien voir la chanson française ses révoltés ses poètes J’pousse la porte d’la radio : nom de dieu ! ‘y a plus rien Qu’un fond de top 50 débité à perpète L’directeur des programmes qu’a du sommeil en souffrance m’avoue qu’depuis la FM son audimat disjonctait Qu’il aime beaucoup la chanson qu’il passe ses vacances en France Et ‘y retourne à sa play-list avec ses disc-jockeys J’fonce au bar d’à côté au Café des Vieux Chanteurs Où ma place est réservée depuis bientôt trois quart d’heures et j ‘interromps Julos et Dudu interloqués : Les mecs j’ai tout compris achetons des karaokés J’leur ai dit…On va sauver la façade et bazarder le reste nos guitares nos ballades nos chansons indigestes On va sauver la façade On est chanteurs on le reste mais les chants sont des sons et les textes des prétextes en dansant à présent nous chanterons l’air du temps… Ouais ![2] Belgacom, alors qu’il n’est encore que ministre des communications, puis des secteurs de la SNCB, de la Poste, de l’administration, etc. en tant que président du PS et/ou ministre-président de la RW[3] « Un pari pascalien », Michel Husson, L’Humanité, 7 septembre 2001, http://hussonet.free.fr/humani01.pdf[4] L’Institut Emile Vandervelde est le centre d’études du PS. http://www.iev.be/[5] Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci#H.C3.A9g.C3.A9monie_culturelle & http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9g%C3%A9monie_culturelle[6] UAG http://uneautregauche.be/[7] http://uneautregauche.be/forums/messages/1558.html & http://uneautregauche.be/forums/messages/1554.html & http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_de_gauche_(Allemagne)[8] En me basant sur les propositions faites par le collectif Le Ressort dans son article à paraître dans le n°50 de la revue POLITIQUE « La Gauche peut-elle encore changer le monde ? », juin 2007. http://politique.eu.org/actualite/51.html<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–><!–[if !supportEndnotes]–>


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I Notes liminaires.1) Le tombeau de Lénine ne me semble pas la meilleure illustration pour ton propos, à moins de d’accompagner celle-ci d’une de ses féroces citations à propos des trahisons sociale-démocrates ;-))) mais bon, ça ferait sans doute tout aussi “out off date” un portrait de Jaurès, voire des leaders du POB, qui aurait p-ê été plus à propos… mais c’est un tout petit détail…2) Comme tu le sais, ou pas, j’ai grandit dans une « vieille famille ouvrière de gauche », principalement « socialiste* », avec parfois l’une ou l’autre brebis égarée au PC. Mais sans doute un *socialisme de base, marxisant, à la fois tel qu’il forgeait le cœur du POB et de la Charte de Quaregnon, et fortement imprégné de cet « anarcho »-syndicalisme (Sorel) du courant renardiste forgé dans la résistance par le syndicalisme clandestin du MSU… Il ne s’agit donc pas d’un socialisme qui s’axe uniquement sur le parlementarisme, mais qui articule mouvement social, développement d’une économie sociale parallèle, création de culture populaire et ouvrière, socialisation de moyens de production, syndicalisme de combat et de contre-pouvoir, construction de rapport de force y compris, si nécessaire, par le recours à la désobéissance civile, l’insurrection voire la lutte armée. Ce socialisme sera aussi marqué dans les années ’50/’60 par les apports théoriques et pratiques du courant trotskyste interne au PSB, dont Ernest Mandel est sans doute la figure la plus marquante (On sait le rôle qu’il joua dans la rédaction de la brochure signée d’André Renard « Vers le socialisme par l’action », ou dans les deux grands documents de congrès de la FGTB en 54 et 58, « pour des réformes de structures anticapitalistes » et « Démocratie et Holding »). C’est un socialisme qui accueillait les enfants des républicains espagnols ou qui finançait un bateau d’armes de la FN pour aider la jeune révolution cubaine à se défendre, comparé à un PS d’aujourd’hui qui participe à « l’encagement » des sans-papier dans les centres fermés et qui condamne publique le non renouvellement justifié de la fréquence d’émission de RCTV par Hugo Chavez. Je fais ce rappel parce que je crois profondément avoir été marqué par cette « conception du monde » dans une version tripale et dans les valeurs inculquées à travers l’éducation, bien avant d’en avoir eut une compréhension intellectuelle. C’est donc face à une « guerre intérieure », entre ce socialisme des trippes et les pratiques réelles du PS (pourtant « moins pires » à l’époque) qui fera qu’en ’89-’90, le seul moyen pour moi de rester socialiste sera de ne plus être au PS.Cette sensibilité socialiste est aussi « internationaliste », elle a pour vertu le patriotisme des idées contre celui des nations ou des organisations. Et pourtant rompre avec l’organisation que l’on a défendu, pour laquelle on a dépensé temps et énergie, est un exercice extrêmement éprouvant. De cela, j’en sais quelques choses que pour l’avoir vécu 2 fois en 20 ans – et pour m’en sentir encore maintenant profondément orphelin, bien que la deuxième « rupture » soit plus humaine qu’idéologique…Pourquoi cette longue introduction ? Parce que je pense que ton texte part d’une prémisse erronée. Voici pourquoi… Il faut sauver le socialisme<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–><!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–>

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