Tranche de pastèque

Vert dehors, Rouge dedans...

blog de Didier Brissa

12/19/2007 (12:25 )

Etre de gauche pour refuser la marche actuelle du monde*

Classé dans : La totale

Etre de gauche pour refuser la marche actuelle du monde*

A l’attention de celles et ceux qui pensent que le clivage gauche-droite est dépassé. A l’attention des modérés, des centristes dissimulés et des progressistes autoproclamés. A l’attention de ceux qui se réclament de la gauche sans jamais dans leur actes ni dans la politique qu’ils mènent justifier cette qualité. A l’attention de Ségolène et de Nicolas, de Joëlle et de Jean-Michel, d’Elio et de Johan. Voici quelques lignes pour dire qu’être de gauche au XXIe siècle, dans son idéologie comme dans sa pratique, cela a du sens, que cela est moderne et que surtout cela est vital.

Une tendance lourde

Un peu partout fleurissent les discours déclarant que le clivage gauche-droite est dépassé.

Il est des écologistes pour penser que la dimension environnementale de l’alternative transcende ce clivage, des sociaux démocrates tellement rôdés à appliquer des politiques néolibérales qu’ils en viennent à parler de troisième voie. Ce discours est pour eux l’occasion de ne pas nommer une conversion aux logiques droitières.

Ce discours est tenu également par des gens de droite (voir de l’extrême droite) qui sèment le trouble comme Jean-Marie Le Pen citant Gramsci ou Nicolas Sarkozy invoquant des penseurs de gauche ou faisant lire le militant communiste Guy Môquet. La vérité est qu’ils exhument de façon sélective des bribes dénaturées de leur pensée. Mais leur objectif -brouiller les pistes- fonctionne plutôt bien.

La tristement immuable raison d’être de la gauche, ou quand le pessimisme de la raison rencontre l’optimisme de la volonté…

Les mots ont sans doute vieilli et la terminologie a été souvent dénaturée, pourtant, même au cœur de nos riches sociétés, il y a encore et toujours des inégalités, des exploiteurs et des exploités. La lutte des classes existe, même si les formes de la lutte et les caractéristiques des classes ont changé. C’est une réalité immuable, jamais dépassée jusqu’ici, qui donne sens à la notion de gauche et justifie à elle seule son combat.

Ce clivage à l’intérieur de chaque société, existe également entre les pays riches et ceux qui le sont moins ou pas. Il convient dès lors de refuser les nationalismes, d’être internationaliste et de cultiver, ici et partout, la fraternité. Comme l’écrit Raoul Marc Jennar, «  Jamais plus qu’aujourd’hui n’a été pertinent l’appel aux prolétaires de tous les pays à s’unir, même si la définition du prolétariat a quelque peu changé. ». C’est pourquoi il demeure essentiel de ressentir qu’aujourd’hui encore, ceux qui ne possèdent que leur force de travail, physique et/ou intellectuelle, n’ont d’autre patrie que leur propre condition.

Concrètement au XXIe siècle, être de gauche c’est …

Etre de gauche recoupe une palette de positionnements en vue de contrer les inégalités et de protéger celles et ceux que le système exploite, exclut et précarise. On peut dire d’une politique qu’elle est de gauche lorsqu’elle œuvre concrètement à diminuer l’écart entre les plus pauvres et les plus riches ce qui nécessite une opposition franche à la logique de l’économie de marché libre et non faussée.

Etre de gauche c’est viser d’abord à la disparition des inégalités sociales qui explosent aujourd’hui entre sociétés et dans les sociétés. Il ne s’agit pas d’imposer une égalité « uniformisante », de nier les spécificités ou l’aspiration à des particularismes – qui peuvent nourrir l’individu et enrichir la société - mais bien de mettre fin à l’inégalité d’accès à toute une série de biens essentiels à la survie, au bien-être et à l’épanouissement (logement, soins, nourriture, culture, loisirs,…). «  de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », selon la célèbre formule des révolutionnaires du XIXème siècle, popularisée par K. Marx . Concrètement, être de gauche, c’est dès lors abroger fermement les lois iniques récemment imposées un peu partout à travers la planète et qui approfondissent les inégalités sociales. Elles concernent notamment le droit du travail et les retraites, la fiscalité, les politiques migratoires ou encore l’accès aux soins de santé.

Etre de gauche , c’est vouloir au minimum rééquilibrer la distribution des richesses entre le capital et le travail. En Belgique comme dans de nombreux pays, la part du capital, par rapport à celle des salaires, ne cesse de croitre dans le PIB sans qu’aucun gouvernement étiqueté « à gauche » ou « centre-gauche » ne stoppe cette logique. Dans le même temps, les politiques menées font baisser la part du capital dans les recettes de l’Etat.

Etre de gauche , c’est toujours privilégier l’intérêt collectif à l’intérêt particulier et en cela c’est définitivement reconnaître le nécessaire rôle de l’Etat ou d’une forme d’organisation collective à grande échelle, garant des droits et libertés, redistributeur, régulateur et planificateur essentiel au bénéfice de l’intérêt collectif face à la puissance économique. Via l’Etat, il s’agit dès lors soit de réguler le marché (actuellement outil de la logique capitaliste), soit de le circonscrire et de l’exclure de certains secteurs économiques (eau, énergie, transport,…), soit encore de purement et simplement viser à sa disparition. Par Etat, nous entendons ici un outil au service des décisions collectives avec des fonctions administratives, économiques, législatives et exécutives et non l’Etat en tant que force armée servant à la défense de privilèges et à la restriction de la sphère démocratique. Tout en maintenant une volonté d’équité sociale et écologique globale, cette logique inclut également la possibilité – et même la nécessité - d’initiatives locales, d’une grande décentralisation dans le fonctionnement et la gestion des outils publics, d’une autogestion des processus de production, et ce en vue de répondre au plus près aux besoins et réalités.

Etre de gauche , c’est ne pas marchander la solidarité au prix d’une liberté sans limite. Cela signifie-t-il que l’on veut brider la liberté individuelle ? Au contraire. Il s’agit toutefois de constater que la liberté individuelle pour s’épanouir et se généraliser réclame un contexte dans lequel la solidarité et l’intérêt collectif ne sont pas mis en péril. C’est pourquoi il faut d’abord s’assurer que les choix puissent se prendre après un juste débat d’idées, entre tous les citoyens et dans le cadre d’un objectif de solidarité, ce qui est aujourd’hui un leurre absolu. Il est clair, pour expliquer cela de façon imagée, que les renards et leurs amis qui se présentent aujourd’hui en défenseurs de la liberté nous prennent à vrai dire pour de la volaille écervelée car ils savent pertinemment que, vu le rapport de force actuel, nous ne sommes, le plus souvent, pas en mesure d’exercer celle-ci. Ils sèment également le doute car la liberté qu’ils réclament est avant tout celle du pouvoir économique vis-à-vis d’une tutelle démocratique et non celle des citoyens. D’ailleurs, la plupart des gouvernants « libéraux » - mais aussi sociaux-démocrates - attaquent parallèlement certaines libertés collectives (droit de grève, droit à la lutte sociale, droit des migrants,…). Un arsenal de lois liberticides est mis en place.

Etre de gauche , c’est étendre aussi aux générations futures la notion de solidarité. En cela, c’est se déclarer fondamentalement opposé à la logique productiviste actuelle qui menace lourdement les générations à venir en épuisant les ressources et en polluant la biosphère. Il faut stopper la prépondérance de la logique économique sur les considérations sociales et environnementales.

Etre de gauche , c’est prôner un Etat laïc et républicain par opposition à toute réflexion corporatiste privilégiant les droits associés à l’identification et à la classification des individus par leur appartenance. Il est ahurissant de voir des personnes se réclamant de la gauche défendre le régime archaïque de privilèges basé sur le sang que constitue la monarchie. La monarchie est une injure à la démocratie et à la modernité.

Etre de gauche , c’est revendiquer l’absolue égalité de droit entre les humains quelles que soient leurs origines, leurs appartenances sexuelles, leurs croyances et leurs coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C’est ne pas revendiquer un mode de vie plutôt qu’un autre, c’est accepter et proclamer l’égalité de droit sans tenir compte des différences apparentes. Le nationalisme s’est aujourd’hui immiscé au cœur même de la social-démocratie. Il en va de même d’une certaine forme de racisme bon-teint.

Etre de gauche , c’est lutter contre l’uniformisation des médias instaurée par des intérêts privés brisant le débat démocratique et aboutissant à une manipulation destinée au pouvoir de quelques uns. C’est promouvoir les médias publics pluralistes et en exclure la publicité. C’est proposer une protection plus grande et spécifique des journalistes les rendant idéologiquement indépendant vis-à-vis des propriétaires des médias. L’actuelle concentration médiatique et la mainmise de grands patrons sur les médias constituent une grave menace pour la démocratie.

Etre de gauche c’est défendre un enseignement public de qualité, correctement financé et préservé de la sphère privée. C’est opter pour un enseignement qui forme des citoyens critiques et autonomes.

Etre de gauche , c’est privilégier le débat d’idées à la politique de l’image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent la pratique politique lointaine et confuse, créant les conditions d’une démocratie privée de fond et mise en danger plutôt qu’une démarche d’élaboration collective et d’éducation permanente. Relayé par un clientélisme qui s’installe, le marketing politique prend aujourd’hui le pas sur tout débat d’idées ce qui ne peut que détruire à terme les aspirations de gauche.

Pour conclure

Comme souvent, il n’est pas inutile de replonger dans les classiques pour éclairer le présent. En 1848, Marx et Engels écrivaient ceci dans le Manifeste : «  la bourgeoisie (…) ne laisse subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme que le froid intérêt (…). Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises l’unique et impitoyable liberté du commerce. ».

Il n’est pas une virgule qui mérite d’être changée dans cette analyse. On aimerait dès lors que celles et ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs et que celles et ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient décidément plus.

Ce texte a reçu les signatures de :

- Jean-François Bachelet (Docteur en Sociologie, ULG)
- Jacques BRAIPSON (Vice-Président de la CGSP-RTBF Liège)
- Didier BRISSA (Militant éco-socialiste, UAG, ACC)
- Vladimir CALLER (Rédacteur au Drapeau Rouge, PC)
- Luc CREMER (Ancien conseiller provincial Ecolo)
- Jean CORNIL (Militant éco-socialiste, ancien sénateur PS)
- Jean-Maurice DEHOUSSE (Ancien Ministre PS, ancien Bourgmestre de Liège)
- Céline DELFORGE (Députée à la région bruxelloise, Ecolo)
- Julien DOHET (Historien, collectif Le Ressort)
- Pascal DURAND (Professeur d’Université)
- Pierre EYBEN (Militant éco-socialiste, Secr. Politique Fédération de Liège du PC)
- Guy FAYS (Secrétaire régional de la FGTB Namur)
- Marc GOBLET (Président de la FGTB Liège-Huy-Waremme)
- Nancy HARDY (Formatrice au PAC Ourthe-Amblève)
- Bahar KIMYONGUR (Militant de gauche, membre du CLEA)
- Madeleine MAIRLOT (Enseignante, ex-conseillère communal à la Ville de Liège)
- Jean-Pierre MICHIELS (Prés.de l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte)
- Jorge PALMA (Assistant à l’ULg)
- Christine PAGNOULLE (Présidente d’ATTAC-Liège, enseignante à ULg)
- Jean-François PONTEGNIE (Membre d’Une Autre Gauche)
- Madeleine PLOUHMANS (ATTAC Liège)
- Jean-Claude RENDA (Journaliste, président interrégional wallon de la CGSP-RTBF)
- Ataulfo RIERA (Secr. de rédaction du Mensuel “La Gauche”, LCR-B)
- Jean-Claude RIGA (cinéaste)
- Alfonso SECONDINI (Ancien président d’ATTAC Verviers)
- Mauro SOLDANI (Réalisateur)
- Olivier STARQUIT (Altermondialiste, collectif Le Ressort)
- Pierre STASSART (Conseillé communnal et Echevin PS à la Ville de Liège)
- Annick STEVENS (Professeur de Philosophie, ULg)

*(Ce texte puise dans l’analyse produite dans plusieurs textes par Enzo d’Aviolo et Raoul Marc Jennar)

**(Une version abrégée du texte est parue dans La Libre le 19/12/07)

Vous pouvez contacter les initiateurs de ce projet :

- - Didier Brissa didier.brissa@agora.eu.org 0498/66.57.60 http://pasteque.agora.eu.org

- - Pierre Eyben p_eyben@no-log.org 0477/20.29.53 http://pierre.eyben.be

Vous pouvez joindre votre nom à la liste des signataires en vous rendant sur la page web : http://acontrecourant.be/1998.html

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 Voici la version allégée telle que parue dans La Libre du 19/12/07

Opinion - Politique

Etre de gauche au XXIe siècle, c’est…

Collectif

 Mis en ligne le 19/12/2007 Un manifeste pour que ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs, et que ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus. Voir la liste des signataires en bas de l’article Un peu partout fleurissent les discours proclamant que le clivage gauche-droite est dépassé. Il est des écologistes pour penser que la dimension environnementale de l’alternative transcende ce clivage, des sociaux-démocrates tellement rôdés aux politiques néolibérales qu’ils parlent de troisième voie. C’est pour eux l’occasion de ne pas nommer une conversion aux logiques droitières. Ce discours est aussi tenu par des gens de droite (voire d’extrême droite) qui sèment le trouble comme J-M. Le Pen citant Gramsci ou N. Sarkozy faisant lire le communiste G. Môquet. La vérité est qu’ils exhument des bribes dénaturées de leurs pensées. Mais leur objectif -brouiller les pistes- fonctionne plutôt bien. Les mots ont vieilli et la terminologie a été dénaturée, pourtant, même au coeur de nos riches sociétés, il y a encore des inégalités, des exploiteurs et des exploités. La lutte des classes existe, même si sa forme et ses caractéristiques ont changé. Cette réalité donne sens à la notion de gauche.Un clivage existe également entre pays riches et pauvres. Il convient donc de refuser les nationalismes, de cultiver, ici et partout, la fraternité et l’internationalisme. Comme l’écrit R-M. Jennar, “Jamais plus qu’aujourd’hui n’a été pertinent l’appel aux prolétaires de tous les pays à s’unir, même si la définition du prolétariat a quelque peu changé” . Il demeure essentiel de ressentir qu’aujourd’hui encore, ceux qui ne possèdent que leur force de travail, physique et/ou intellectuelle, n’ont d’autre patrie que leur propre condition.Concrètement, au XXIe siècle, être de gauche c’est… - OEuvrer à contrer les inégalités et protéger tous ceux que le système exploite, exclut et précarise. Une politique est de gauche lorsqu’elle s’attache à réduire l’écart entre pauvres et riches, ce qui nécessite une opposition franche à l’économie de marché libre et non faussée. - Viser d’abord à la disparition des inégalités sociales, qui explosent. Il ne s’agit pas d’imposer une égalité “uniformisante”, de nier les spécificités ou l’aspiration à des particularismes - qui peuvent nourrir l’individu et enrichir la société - mais de mettre fin à l’inégalité d’accès à tout bien essentiel à la survie, au bien-être et à l’épanouissement. “De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins”, selon la formule des révolutionnaires du XIXe siècle, popularisée par K. Marx. Etre de gauche, c’est abroger fermement les lois iniques imposées à travers la planète, qui approfondissent les inégalités sociales, notamment dans le droit du travail et les retraites, la fiscalité, les politiques migratoires ou encore l’accès aux soins de santé.- Vouloir rééquilibrer la distribution des richesses entre le capital et le travail. En Belgique comme dans de nombreux pays, la part du capital, par rapport aux salaires, ne cesse de croître dans le PIB sans qu’aucun gouvernement étiqueté “à gauche” ne stoppe cette logique. Simultanément, les politiques menées diminuent la part du capital dans les recettes de l’Etat. - Privilégier l’intérêt collectif à l’intérêt particulier et en cela reconnaître le nécessaire rôle de l’Etat ou d’une forme d’organisation collective, garant des droits et libertés, redistributeur, régulateur et planificateur au bénéfice de l’intérêt collectif. Il s’agit soit de réguler le marché, soit de le circonscrire et de l’exclure de certains secteurs économiques (eau, énergie, transport,…), soit de simplement viser à sa disparition. Par Etat, nous entendons un outil au service des décisions collectives avec des fonctions administratives, économiques, législatives et exécutives, pas un outil servant la défense de privilèges. Tout en maintenant une volonté d’équité sociale et écologique globale, cette logique inclut aussi la possibilité - et même la nécessité - d’initiatives locales, d’une grande décentralisation dans le fonctionnement et la gestion des outils publics, d’une autogestion des processus de production, en vue de répondre au plus près aux besoins et réalités.- Ne pas marchander la solidarité au prix d’une liberté sans limite. Cela signifie-t-il que l’on bride la liberté individuelle ? Au contraire. On constate que la liberté individuelle, pour s’épanouir et se généraliser, réclame un contexte où solidarité et intérêt collectif ne sont pas mis en péril. Les choix doivent être faits après un juste débat d’idées, entre tous les citoyens et dans un objectif solidaire, ce qui est aujourd’hui un leurre absolu. Ceux qui se présentent en défenseurs de la liberté, savent pertinemment que, vu le rapport de force, nous ne sommes pas en mesure d’exercer celle-ci. De plus, ils sèment le doute car la liberté qu’ils réclament est avant tout celle du pouvoir économique vis-à-vis d’une tutelle démocratique et non celle des citoyens. D’ailleurs, la plupart des gouvernants “libéraux” - mais aussi sociaux-démocrates - attaquent parallèlement libertés collectives (droit de grève, droit à la lutte sociale, droit des migrants,…). Un arsenal de lois liberticides est mis en place.- Étendre aussi aux générations futures la notion de solidarité. C’est donc se déclarer opposé à la logique productiviste qui épuise les ressources et pollue la biosphère, et refuser la prépondérance de l’économie sur le social et l’environnemental.- Prôner un Etat laïc et républicain face à toute logique privilégiant les droits associés à l’identification et à la classification des individus par leur appartenance. Il est ahurissant que des personnes, se réclamant de la gauche, défendent un régime archaïque de privilèges basé sur le sang tel que la monarchie, véritable injure à la démocratie.- Revendiquer l’absolue égalité de droit entre les humains de toutes origines, appartenances sexuelles, croyances ou coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C’est proclamer l’égalité de droit sans tenir compte des différences apparentes. Le nationalisme s’est aujourd’hui immiscé au coeur même de la social-démocratie. Il en va de même d’une certaine forme de racisme bon teint.- Lutter contre l’uniformisation des médias par des intérêts privés brisant le débat démocratique. C’est promouvoir des médias publics pluralistes et en exclure la publicité, proposer une protection plus grande des journalistes les rendant idéologiquement indépendants des propriétaires des médias. L’actuelle concentration médiatique et la mainmise de grands patrons sur les médias sont une grave menace pour la démocratie.- Défendre un enseignement public de qualité, correctement financé et préservé de la sphère privée. C’est opter pour un enseignement qui forme des citoyens critiques et autonomes.- Privilégier le débat d’idées à la politique de l’image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent lointaine et confuse la politique, ce qui crée les conditions d’une démocratie privée de fond et mise en danger plutôt qu’une démarche d’élaboration collective et d’éducation permanente. Relayé par un clientélisme qui s’installe, le marketing politique prend le pas sur les idées ce qui ne peut que nuire aux aspirations de gauche.Pour conclure : comme souvent, il est utile de replonger dans les classiques. Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste que “la bourgeoisie […] ne laisse subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme que le froid intérêt […]. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises l’unique et impitoyable liberté du commerce”.<span style=”font-size: 10pt; font-family: Georgia”>Il n’est pas une virgule à changer dans cette analyse.On aimerait dès lors que celles et ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs et que celles et ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus.


Ce texte est signé par J. BRAIPSON (Vice-Prés. CGSP-RTBF Liège), D. BRISSA (Militant éco-socialiste, UAG, ACC), V. CALLER (Rédacteur au Drapeau Rouge, PC), L. CREMER (Ex-conseiller provincial Ecolo), J. CORNIL (Militant éco-socialiste, ex-sénateur PS), J.-M. DEHOUSSE (Ex-ministre PS, ex-bourgmestre de Liège), C. DELFORGE (Députée à la région bruxelloise, Ecolo), J. DOHET (Historien, e Ressort), P. DURAND (Prof. d’Université), P. EYBEN (Militant éco-socialiste, Secr. Pol. Féd. de Liège du PC, ACC), M. FAYS (Sec. régional FGTB Namur), M. GOBLET (Prés. FGTB L-H-W), N. HARDY (Formatrice au PAC), B. KIMYONGUR (CLEA), J.-P. MICHIELS (Prés.de l’ACJJ), J. PALMA (Assistant à l’ULg), Chr. PAGNOULLE (Prés. d’ATTAC-Liège, enseignante à ULg), J.-F. PONTEGNIE (Membre d’UAG), M. PLOUHMANS (ATTAC Liège), J.-C. RENDA (journaliste, Prés. interrégional wallon CGSP-RTBF), A. RIERA (Secr. de rédaction “La Gauche”, LCR-B), A. SECONDINI (Ex-prés. d’ATTAC Verviers), O. STARQUIT (Altermondialiste, e Ressort), A. STEVENS (Prof. de Philosophie, ULg), Bernard WESPHAEL (Député à la Région wallonne, Ecolo).Texte réduit pour publication, texte complet : http://acontrecourant.be/1998.html Contacter les initiateurs : 0477/20.29.53.Cet article provient de http://www.lalibre.be/index.php?view=article&id=11&subid=118&art_id=390748

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