08/09/2008 (11:44 )
Mais où est donc passé Robert Ménard ?
La récente arrestation de
Mais est-ce un cas isolé ou sommes-nous confrontés à une nouvelle tentative d’intimidation de quiconque souhaiterait manifester son désaccord et prôner un autre modèle de société ?
Ces dernières années, nous constatons en Belgique une augmentation de la criminalisation des actions militantes : astreintes en cas de grève, criminalisation des actions de Greenpeace, écoutes téléphoniques, extradition via un pays tiers (DHKP-C), collectif sans ticket, manifestants contre les centres fermés, criminalisation de journalistes qui procèdent à des interviews pour couvrir ces événements.
Les délits deviennent délits d’association. Les auteur-es sont poursuivis sous des prétextes de petite criminalité (arrachage de plantes qui masquent le côté concentrationnaire du centre fermé de Vottem; utilisation des transports en commun sans ticket; détérioration du mobilier lors de l’occupation de l’ONEM…) mais en réalité, c’est parce qu’ils appartiennent à tel ou tel groupe qu’ils sont mis sous surveillance. C’est même l’intentionnalité qui se voit poursuivie dans ces dispositifs de lois antiterroristes, ou par le détournement des lois sur les organisations criminelles et les maffias…
Cette vague de criminalisation ne fait pas dans le détail. Sont ainsi mis dans le même sac, ex-CCC, Secours Rouge, syndicalistes, citoyens, associations de gauche… regroupés sous le vocable infamant de « Terroristes »[3] ou « d’organisations criminelles ». Ces qualificatifs sont particulièrement intéressants. Les mots sont importants, comme le montre l’exemple qui transforme les chômeurs en profiteurs. Ou le cas d’un « populiste » (Hugo Chavez) qui respecte le résultat d’un référendum qui lui est défavorable par rapport à celui d’un « démocrate » (Nicolas Sarkozy) qui change les règles pour que
En outre, alors que le parquet fédéral déploie ses méthodes particulières de recherche pour traquer –apparemment en vain- le moindre petit indice consistant, le bourgmestre de Lebbeke vérifie de son côté si les néonazis de Blood and Honour respectent le règlement en matière de… nuisances sonores ! Cette relative immunité/impunité de l’extrême droite peut aisément être illustrée par de nombreux autres exemples : assassinat de Julien Lahaut, affaire Gladio, tueries du Brabant Wallon…
Alors que
La majeure partie de l’arsenal juridique antiterroriste a été votée sur proposition de
A l’exception notable de
La légèreté des indices récoltés (comme pour l’alerte anti-terrorisme lancée en décembre 2007) doit-elle être lue comme un moyen de pression et d’action dans le débat actuel sur le financement des différents services de police et de lutte contre le terrorisme ?
Faut-il voir dans la virulence actuelle de l’offensive contre les mouvements sociaux la volonté de mise en place d’un nouvel imaginaire de ce que devrait être la société et son mode de gouvernement ? Sommes-nous dans une dynamique de changement de régime qui cache son nom ? L’expression démocratique est-elle devenue un obstacle à la marche économique du monde ?[4]
Face à ces nombreuses questions induites par le secret des décisions autoritaires, le renforcement des mesures liberticides et l’acharnement du parquet fédéral, entre autres, dans l’affaire du DHKP-C, le gouvernement et la Justice doivent des explications aux citoyens.
En outre, notre arsenal judiciaire étant déjà bien fourni, nous n’avons pas besoin de législation d’exception. Nous demandons par conséquent la suppression des lois anti-terroristes sur lesquelles même des parlementaires les ayant votées se posent,- mieux vaut tard que jamais !-, des questions. Et les élections régionales et européennes approchant, nous invitons nos représentants politiques à reprendre ce point dans leur programme électoral et à y donner une suite.[5]
Pour le collectif “Le Ressort” : Didier Brissa, Julien Dohet, Pierre Eyben, Michel Recloux et Olivier Starquit.
[1] Les mots entre guillemets proviennent d’une revue de presse du Soir,
[2] Voir Roser Cusso et al. (eds), Le conflit social éludé, Academia-Bruylant, 2008
[3] Sur l’utilisation de cette dernière notion voir
[4] Voir Naomi Klein, la stratégie de choc, Actes Sud, 2008 et Wendy Brown,, les habits neufs de la politique mondiale, les prairies ordinaires, Paris, 2007
[5] Voir http://petitions.agora.eu.org/missurecoute/index.html
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